3 ans de génocide du peuple palestinien,
3 ans de complicités des entreprises d’armement, de transport et de l’État français
Appel unitaire de l’AFPS, BDS-France, Stop Arming Israel France et Urgence Palestine
Depuis 3 ans, un génocide est en cours à Gaza, tandis que l’asphyxie du territoire, le nettoyage ethnique, la colonisation à marche forcée et la répression féroce par l’occupation israélienne s’accélèrent en Cisjordanie. Ce génocide est notamment rendu possible par la déshumanisation du peuple palestinien et par le fait que de nombreux gouvernements dans le monde, tout en assurant une impunité totale à Israël, autorisent la coopération militaire et le commerce des armes avec lui. Cette complicité permet à Israël de mettre à feu et à sang toute la région mais aussi d’exporter dans le reste du monde ses propres technologies militaires « testées au combat » sur les populations civiles.
Bien qu’Emmanuel Macron et ses ministres successifs affirment le contraire ou cherchent à minimiser les faits, la France exporte chaque année une moyenne de 20 millions d’euros de matériel strictement militaire à Israël, sans parler du matériel à double usage civil-militaire, ou des logiciels, en infraction avec les traités internationaux (Traité sur le Commerce des armes, dont la France est pourtant signataire…) et des résolutions des Nations Unies (notamment celle du 18 septembre 2024, pourtant votée par la France). Que ce matériel soit jugé prétendument « défensif » ou « offensif », il est utilisé pour conforter l’impunité d’Israël et pour lui permettre de commettre un génocide.
En avril 2026, le rapport de People’s Embargo for Palestine, du Palestinian Youth Movement, et d’Urgence Palestine prouvait, à la suite de plusieurs révélations de Disclose et d’enquêtes citoyennes, que l’État français avait autorisé plus de 525 livraisons de matériel militaire à Israël depuis octobre 2023 : maillons de munitions, pièces pour drones de combat, pour le combat nocturne, pour véhicules blindés, pour canons… Tout ce matériel est nécessaire pour que les armes utilisées par Israël soient létales.
Aujourd’hui, nos organisations ont identifié plus de 75 entreprises ayant des relations liées à l’armement avec Israël (exportations, importations, coopérations diverses…). Il s’agit à la fois de célèbres multinationales françaises (Thales, Safran, Aubert & Duval…) et d’entreprises moins connues. Ces composants d’armes qui vont en Israël transitent par des routes, des ports, des aéroports. Là aussi, des directions d’entreprises font le choix d’accepter ces commandes et de les expédier, faisant fi de la conscience des salarié·es, des prises de positions syndicales, des alertes de la société civile et du droit international.
Malgré les mensonges des gouvernements français qui se sont succédé ces trois dernières années, et les silences coupables des directions d’entreprises, les mobilisations populaires ont permis de rétablir la vérité, faire interdire tout ou partie de la présence des entreprises israéliennes à certains salons d’armement, et une première PME a été contrainte d’arrêter d’exporter des pièces de drones militaires (Sermat).
Nous saluons toutes celles et ceux qui se sont mobilisé·es ces trois dernières années en solidarité avec le peuple palestinien et pour l’arrêt du commerce d’armement entre la France et Israël. Les syndicats de salarié·es, par leurs prises de position, leur refus de charger des armes, leurs rassemblements ou leurs grèves ont contribué à mettre la pression sur leurs employeurs complices et sur l’État français. Nous saluons l’appel à une deuxième journée de lutte internationale des dockers en octobre 2026.
Ces entreprises qui arment Israël sont implantées dans tout le territoire, dans tous les départements. Le génocide se fabrique près de chez nous. C’est pourquoi nous appelons l’ensemble des membres de nos organisations, les associations, les collectifs, les syndicats et les partis politiques soutenant le peuple palestinien, et toute personne de conscience, à participer en octobre 2026 à un mois d’actions contre l’armement d’Israël à travers la France.
Ces actions pourront prendre de multiples formes localement, dans l’optique de tisser des liens avec les salarié·es et leurs syndicats, de mettre la pression sur les responsables de ces entreprises ou de dénoncer la complicité active de la France avec le génocide en Palestine. D’autres actions pourront avoir lieu sur la même période dans toute l’Europe.
Ensemble, nous avons le pouvoir de faire cesser toute coopération militaire et tout commerce d’armement entre la France et Israël !

