Livraisons d’armement à Israël : Les preuves s’accumulent – Partout en France, nous pouvons agir !

Mardi 7 avril 2026, Urgence Palestine et le Palestinian Youth Movement publiaient un rapport apportant de nouvelles preuves irréfutables de la participation de la France au commerce d’armement avec Israël : Ce ne sont pas moins de 525 livraisons de matériel à usage militaire qui sont documentées entre octobre 2023 et mars 2026. 

Il y a quelques mois, Stop Arming Israel France publiait une 2ème édition de son Guide des entreprises françaises d’armement complices d’Israël, qui recensait déjà les liens de 44 entreprises françaises avec l’industrie d’armement israélienne, sur la base de sources publiques. 

Cette nouvelle enquête est venue confirmer les liens de certaines de ces entreprises par des preuves de ventes directes de matériel militaire à Israël, en plein génocide : des géants de l’armement bien connus tels que Thales et Safran sont concernés, avec des livraisons de matériel qui excèdent celles qu’avaient déjà pu prouver les investigations précédentes.

D’autres entreprises citées dans notre guide ont elles aussi livré des composants à Israël en plein génocide : Aubert&Duval, Timken, Sermat ou Eurolinks dont les ventes avaient déjà été prouvées par des médias d’investigation, mais aussi Lynred, Radiall, Liebherr, qui voient leurs livraisons prouvées pour la première fois.

Mais grâce aux recherches menées par Urgence Palestine et le Palestinian Youth Movement, ce sont des dizaines d’entreprises supplémentaires dont la complicité est désormais connue : au total, en cumulant nos données, ce sont au moins 70 entreprises réparties sur l’ensemble du territoire français qui sont concernées.

Tubes de canons, radars de combat, éléments de chars d’assaut, électronique et connecteurs dédiés à l’armement… La plupart de ces composants sont vendus à Elbit Systems, le premier vendeur d’armes israélien, fournisseur de 85 % de l’équipement utilisé par l’armée israélienne : comment croire encore aux affirmations du gouvernement français et des entreprises, qui n’ont de cesse de répéter que la France ne vend pas d’armes à Israël ? Chaque composant, si petit soit-il, est une pièce de la mécanique génocidaire.

Le rapport publié précise les types de composants livrés par chaque entreprise mais aussi leur usine d’origine. Il apporte également des preuves de l’utilisation des aéroports français pour le transit de pièces destinés aux avions de combat F-35 vendus à Israël par le fabricant d’armes états-unien Lockheed Martin, principalement par le biais de l’entreprise de transport Fedex. La guerre et le génocide se fabriquent bien près de chez nous, dans des usines, des bureaux et des centres de recherche. Ils transitent par nos routes, nos ports et nos aéroports. Nous pouvons toutes et tous agir là où nous sommes, et nous sommes déjà des milliers à le faire. 

En juin dernier, les dockers du port de Fos-sur-mer refusaient de charger des cargaisons de matériel militaire à destination d’Israël, et des milliers de personnes manifestaient contre le salon d’armement du Bourget. En octobre 2025, des centaines de personnes bloquaient à plusieurs reprises l’usine Eurolinks à Marseille, tandis qu’à l’aéroport de Roissy, collectifs et associations manifestaient aux côtés des syndicats de travailleur·ses contre le transit d’armement sur la plateforme. La semaine dernière, plus de cent personnes ont participé au blocage du site de Thales à Gennevilliers à l’appel de la coalition Guerre à la guerre. Hier encore, ce sont les flottilles internationales en route pour Gaza qui ont perturbé en mer le trajet d’un porte-conteneurs suspecté de participer à l’approvisionnement militaire d’Israël. Chaque semaine, des actions diverses contre la guerre et l’industrie d’armement fleurissent aux quatre coins du pays.

Suite à la publication du rapport d’Urgence Palestine et du Palestinian Youth Movement, les syndicats de travailleur·ses de l’aéroport ont réaffirmé leur opposition au transit d’armement sur leur lieu de travail, et la CGT a publié un communiqué national appelant à l’arrêt des ventes d’armes à Israël.

Les guerres et les génocides profitent aux gouvernants, aux patrons et aux actionnaires, mais jamais aux peuples et aux travailleur·ses. Ce que Netanyahou ou Macron, Thales ou Fedex font, notre mobilisation peut le défaire.

Nous appelons tous les collectifs et militant·es à rejoindre les initiatives anti-guerre et à amplifier les mobilisations contre le complexe militaro-industriel, à commencer par les campagnes Stop Arming Israel et Guerre à Thales.

Nous appelons les travailleur·ses et leurs syndicats à se mobiliser dans chacune des entreprises concernées pour s’opposer à la complicité mise en place par leur employeur.


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