Restons mobilisé·es !
Ce mardi 31 mars 2026, les médias israéliens rapportaient une nouvelle fracassante : Amir Baram, directeur général du ministère des armées israélien, a annoncé la suspension de tout achat d’armements auprès de la France. Le ministère privilégierait désormais les achats auprès de l’industrie d’armement locale et d’autres pays « amis » jugés plus fiables.
Pourquoi une telle décision ? Les sources israéliennes invoquent la « politique hostile » de la France vis-à-vis d’Israël, une prétendue interdiction faite aux avions israéliens transportant des munitions destinées à la guerre contre l’Iran de transiter par l’espace aérien français, dont la véracité reste à confirmer, la position ambigüe de la France concernant ses ventes d’armes à Israël dans le cadre de ses opérations génocidaires, ainsi que les interdictions de la participation d’Israël aux salons d’armement français ayant eu lieu ces deux dernières années.
Si nous sommes en droit de douter de la réalité et de l’étendue de cette décision, cette déclaration n’en est pas moins un signal fort, qui prouve que la pression de nos mobilisations fonctionne.
En novembre 2023, Stop Arming Israel France s’est fondé pour répondre à l’appel des syndicats palestiniens et stopper le commerce d’armement avec Israël. Les mobilisations et les enquêtes ont permis de prouver que ce commerce existait bel et bien, de le dénoncer et de l’enrayer par des actions concrètes. Depuis le début de la campagne Stop Arming Israel, les prises de position syndicales et les actions militantes contre les entreprises d’armement complices se sont multipliées. À plusieurs reprises, les dockers français ont refusé de charger des cargaisons de composants à usage militaire à destination d’Israël. En novembre 2025, l’entreprise Sermat a été contrainte d’interrompre ses exportations de composants de drones à destination du fabricant d’armes israélien Elbit Systems. Dès la création de notre collectif, c’est aussi contre la participation d’Israël aux salons d’armement que nous nous sommes mobilisé·es, avec une première action devant le salon Milipol en 2023, une campagne victorieuse qui a permis de faire interdire la présence d’Israël à Eurosatory 2024, puis des campagnes répétées ayant entravé la participation d’Israël à Euronaval puis au Bourget en 2025.
C’est entre autres grâce à ces mobilisations et ces victoires qu’Israël ne considère plus la France comme un « pays ami » ni comme un « partenaire fiable » en termes d’armement.
Face à cette annonce, nous devons rester vigilant·es : cette décision concerne-t-elle uniquement les contrats à venir ou interrompt-elle ceux qui sont déjà en cours ? Les partenariats et collaborations diverses qui lient les entreprises d’armement françaises et israéliennes vont-ils être définitivement rompus ? La France va-t-elle elle aussi cesser d’acheter du matériel militaire à Israël et ainsi d’alimenter et d’enrichir son industrie d’armement ? Le transit d’armement en provenance de pays tiers va-t-il cesser dans les ports et aéroports français ? Rien n’est moins sûr.
Alors que le génocide continue à bas bruit en Palestine et qu’Israël frappe à nouveau les peuples d’Iran et du Liban, avec l’assentiment et la complicité de nos gouvernants occidentaux, pour le plus grand bonheur des profiteurs de guerre que sont les patrons de Thales, Safran, Airbus, MBDA et consorts, nous devons poursuivre et amplifier nos mobilisations.
Nous appelons les militant·es et les collectifs, les travailleur·ses et leurs syndicats à continuer d’unir leurs forces pour enterrer définitivement le commerce d’armement entre la France et Israël !

