Des données météorologiques européennes utilisées par l’armée israélienne pour programmer ses bombardements
Météo-France, établissement public à caractère administratif, est le service officiel de la météorologie et de la climatologie en France. Il emploie environ 1000 salarié·es, dont plus d’un tiers travaillent sur le site de la Météopôle de Toulouse. Depuis fin 2024, le SNM-CGT (Syndicat National de la Météorologie) demande l’arrêt de toutes les collaborations institutionnelles et académiques avec Israël. Quelles sont les relations entre Météo-France et le génocide en Palestine ?
Comme l’explique le syndicat dans un communiqué publié le 19 décembre 2024, malgré le génocide, « l’État d’Israël est plus que jamais intégré aux partenariats avec l’Union Européenne, y compris en matière de services météorologiques ». En effet, l’agence météorologique israélienne (IMS) est partenaire, aux côtés de Météo-France, du Centre Européen de Prévisions Météorologiques de Moyenne Échéance (ECMWF) et du réseau de services météo européen EUMETNET.
Grâce à ces partenariats, l’IMS bénéficie d’un accès aux services de prévisions, aux archives et à des collaborations scientifiques au sein de ces réseaux, mais également d’un accès aux supercalculateurs situés au Météopôle de Toulouse. Ces équipements rares permettent d’obtenir des prévisions précises à partir de données météorologiques en temps réel. Israël n’en possède pas sur son territoire, et est donc dépendant de la France dans ce domaine.
Comme l’expliquait un représentant de la CGT-Météo au journal Reporterre en août 2025, « Pour l’armée israélienne, comme pour toutes les armées dans le monde, ces données et ces précisions sont indispensables pour mener des opérations militaires ». En effet, les conditions atmosphériques ont un impact direct sur la trajectoire des missiles et autres équipements militaires. Les services que Météo-France procure à Israël sont donc essentiels à la poursuite du génocide en Palestine.
Comme le rappelle également le SNM-CGT, « La recherche israélienne, notamment météorologique, est, elle aussi, largement financée par l’Union Européenne. Israël a été le quinzième plus gros bénéficiaire du programme Horizon 2020, à hauteur de 3,25 milliards d’euros ». Ces financements ont notamment bénéficié à des entreprises impliquées dans le domaine de l’armement telles qu’Israel Aerospace Industries, Sightech ou IBM-Israel.
Suite à son communiqué de décembre 2024, le SNM-CGT a également envoyé un courrier à la PDG de Météo-France en février 2025. Il réclame :
• La suspension du statut de membre coopérant de l’État d’Israël des organisations EUMETNET et ECMWF
• La suspension des partenariats de Météo-France et ses filiales et des collaborations scientifiques avec les universités et laboratoires israéliens
• La suspension de la participation d’Israël à Horizon Europe et la suspension de tout financement européen
Comme l’explique un représentant de la CGT-Météo, « l’arrêt des partenariats européens avec Israël dans le domaine météorologique ne serait pas seulement symbolique. Cela peut être un véritable moyen de pression sur Israël pour le forcer à respecter le droit international en Palestine. »
Cette prise de position de la CGT-Météo révèle un nouvel aspect de la coopération militaire entre la France et Israël. Les exportations directes d’armement ne sont que la partie visible de l’iceberg.
Sur nos lieux de travail, à nous de nous informer sur les complicités et d’y mettre un terme !
Soutenons la mobilisation des syndicats qui les dénoncent comme le SNM-CGT !
Organisons-nous et créons des liens entre nos luttes pour enrayer ensemble la machine de guerre israélienne !

